
Encore un 3 décembre, une date qui rappelle que les personnes en situation de handicap ont des droits, elles aussi. Cette journée nous invite à une introspection profonde, à tous les niveaux de la société, des gouvernants aux acteurs de la défense des droits de l’homme, en passant par les organisations de défense des droits des personnes handicapées, les familles et la société tout entière.
Il est temps de se pencher sérieusement sur les réalités et les défis quotidiens de cette frange de la population souvent oubliée, ou presque.
C’est également l’occasion de célébrer les progrès accomplis dans la promotion de l’autonomie et de l’inclusion des personnes handicapées, dans le respect de leur dignité fondamentale. Hélas, force est de constater, une fois de plus, que la Guinée tarde à intégrer la question du handicap dans ses priorités gouvernementales, ce qui entrave l’évolution des débats et la mise en œuvre de politiques efficaces.
Chacun semble se dérober à ses responsabilités.
Le gouvernement, par l’entremise du Ministère de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables, se distingue par un manque de volonté flagrant, se complaisant dans des promesses creuses qui banalisent les droits de cette couche vulnérable et nécessiteuse. C’est désolant !
Les défis sont colossaux ; de l’éducation à la santé, en passant par le transport, l’accessibilité, l’emploi et la représentativité des personnes handicapées dans les instances décisionnelles.
Les familles, qui devraient être le premier soutien de ces personnes, sont souvent les premiers obstacles à leur épanouissement. Elles les exploitent, les livrent à la mendicité, au mépris de leur sécurité et de leur dignité. Elles ignorent leurs préoccupations, leurs besoins, les privant d’amour et de soutien, les exposant sans défense à la solitude.
La société civile, les leaders d’opinion et les responsables politiques restent étrangement silencieux face à ces réalités, eux qui prétendent pourtant servir la cause humaine.
Face à la pauvreté endémique, certains acteurs des OPH se divisent et se lancent dans une mendicité déguisée et une hypocrisie politique sans précédent, abandonnant la lutte pour les droits et la dignité des personnes handicapées.
La société, quant à elle, refuse de s’ouvrir à l’inclusion, encourageant les préjugés discriminatoires qui accentuent la marginalisation de cette couche déjà vulnérable. Pourtant, avec un peu de volonté collective, ces problèmes pourraient être aisément résolus.
Il est temps de changer de paradigme et de placer les personnes handicapées au centre des préoccupations. Il faut une synergie d’actions pour créer une société inclusive et équitable, où les personnes handicapées peuvent vivre avec dignité et autonomie. La volonté et l’engagement de tous sont nécessaires pour relever les défis et promouvoir les droits des personnes handicapées en Guinée.
Bonne fête de 3 décembre à toutes les personnes en situation de handicap !
Diounkoun Sall, jeune écrivain et défenseur des droits des personnes handicapées.














