
Ce lundi, la ville de Fria a été le théâtre d’une importante manifestation des travailleurs de l’usine Rusal-Friguia. En tenue de travail et munis de pancartes, ils ont arpenté les rues pour dénoncer le non-respect de la nouvelle convention collective des mines et carrières, récemment signée entre les autorités guinéennes, les travailleurs et les entreprises minières.
Selon le collège syndical de l’usine Friguia, la direction de Rusal refuse d’appliquer cette convention, pourtant entrée en vigueur depuis le 1er août. Pour alerter l’opinion publique et interpeller les autorités compétentes, les travailleurs ont organisé une marche pacifique.
Les manifestants réclament notamment :
Le paiement des arriérés de salaires et de primes accumulés depuis plusieurs années.
L’application intégrale de la nouvelle convention collective à l’ensemble des travailleurs, y compris les sous-traitants.
Mamadou Oury Diallo, secrétaire général du collège syndical de Friguia, s’est exprimé sur la situation :
« Il y a eu une nouvelle convention collective pour le secteur des mines, en vigueur depuis le 1er août. Mais la société Rusal refuse de l’appliquer. Pire, elle a exclu ses sous-traitants du champ d’application, alors que la convention stipule clairement qu’elle s’applique à la société mère et à ses sous-traitants. »
Il dénonce également le recours à une entreprise tierce, CENTA, présentée comme un écran destiné à contourner l’application de la convention :
« Ils ont fait venir CENTA, une entreprise fantôme, pour y intégrer tous les travailleurs. Les responsables de CENTA affirment que la convention ne concerne que les employés enregistrés sous cette entité. C’est inacceptable. »
Des retraités et veuves aussi en attente de justice
La protestation ne concerne pas seulement les employés en poste. Les veuves et retraités de Friguia attendent toujours le règlement intégral de leurs droits. Sur les 36 mois d’arriérés promis, seuls 20 mois ont été payés, selon les syndicats. Ces femmes exigent aujourd’hui le versement du solde restant.
Vers un mouvement de grève générale ?
Face à l’absence de réponses concrètes, Mamadou Oury Diallo a annoncé qu’un préavis de grève de 48 heures sera déposé si la situation n’évolue pas d’ici le 1er août. À défaut, un mouvement de grève générale sera enclenché au sein de l’usine Friguia.
Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com
















