Home Actualités Guinée : la société civile ouest-africaine appelée à se réinventer pour préserver...

Guinée : la société civile ouest-africaine appelée à se réinventer pour préserver la démocratie et la paix

5
0
Publicité icipublicité

Conakry a accueilli, du 20 au 21 octobre 2026, un atelier régional réunissant 35 participants de huit pays autour des stratégies de résilience des organisations de la société civile en contexte de transition et de post-transition politique. Comment continuer à défendre les droits des citoyens, à promouvoir la démocratie et à préserver la paix dans un environnement politique en mutation ? C’est autour de cette préoccupation que des représentants d’organisations de la société civile, des experts et des acteurs institutionnels se sont réunis à Conakry, dans le cadre du projet de Participation citoyenne éclairée pour la démocratie et la paix en Guinée (PartiCiP-Guinée).

Placée sous le thème « Société civile et gouvernance inclusive : quelles stratégies de résilience pour contribuer durablement à la démocratie et à la paix ? », cette rencontre vise à aider les organisations à mieux faire face aux défis qui limitent leur action et à renforcer leur contribution à la gouvernance démocratique.

En Guinée, la période de post-transition, marquée par plusieurs échéances politiques et électorales, pose de nouvelles questions sur la place de la société civile. La note conceptuelle de l’atelier relève notamment des difficultés liées à l’espace civique, à la représentativité, à la légitimité et au financement des organisations. Autant de défis qui les poussent à revoir leurs méthodes pour rester proches des populations et répondre à leurs préoccupations.

Présent à la rencontre, Medrano Adan Carlos Javier, représentant de l’Union européenne en Guinée, a souligné l’importance de la participation des organisations de la société civile dans les processus politiques.

«Donc, pour nous, la participation des organisations de la société civile au processus de transition politique est essentielle pour permettre d’élaborer des politiques inclusives et efficaces».

Cette participation constitue, selon les enjeux abordés lors de l’atelier, un levier pour favoriser une gouvernance plus inclusive et permettre aux citoyens de prendre part aux décisions qui engagent leur avenir.   La rencontre rassemble 35 participants venus de huit pays : la Guinée, le Ghana, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Sénégal, le Togo et le Cap-Vert. Les échanges s’appuient notamment sur une étude régionale menée par le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (WANEP) en 2025 sur les transitions politiques inclusives et les organisations de la société civile.

À travers des communications, des panels d’experts et des partages d’expériences, les participants sont invités à identifier des pratiques innovantes et à réfléchir à de nouveaux mécanismes d’action, de communication et de mobilisation des ressources.

Pour Mamadou Seck, expert électoral et des questions de gouvernance en Afrique de l’Ouest, les réflexions doivent permettre d’examiner en profondeur les difficultés rencontrées par les organisations, tout en explorant les perspectives d’avenir.

«Il s’agira de discuter sur toutes ses coutures les défis de la société civile, mais également les perspectives, c’est-à-dire une réflexion prospective pour voir comment relever le défi d’abord de la redevabilité, de la durabilité dans un contexte complexe, et appréhender tous les futurs possibles en Afrique de l’Ouest». a-t-il laissé entendre

Cette réflexion prospective met en évidence la nécessité pour les organisations de renforcer leur redevabilité, de consolider leur durabilité et de développer des stratégies adaptées aux réalités politiques, économiques et sociales de la région.

Pour WANEP-Guinée, l’enjeu est également de faire émerger des solutions concrètes, capables de produire des changements sur le terrain. La coordinatrice de l’organisation, Kolié Lucie Hébélamou, a insisté sur la nécessité de définir clairement le rôle de la société civile et de traduire les recommandations en actions réalisables.

«L’objectif de l’atelier c’est de statuer sur le rôle de la société civile, faire des propositions concrètes sur leur rôle, des actions à mener pendant la transition et après la transition. Mais aussi réaliser ces actions-là sur le terrain. Ce projet est sur 34 mois. Avec notre partenaire CJID (Centre for Journalism Innovation and Development), nous allons mener des actions de lutte contre la désinformation, de renforcement de capacité des médias et d’autres acteurs de la société civile». explique t-elle

D’une durée de 34 mois, le projet PartiCiP-Guinée prévoit ainsi des initiatives de lutte contre la désinformation et de renforcement des capacités des médias et des acteurs de la société civile. Ces actions visent notamment à favoriser une participation citoyenne éclairée et à contribuer à la consolidation de la démocratie et de la paix en Guinée.

La place de la société civile dans la promotion de la paix et de la citoyenneté a également été soulignée par les autorités guinéennes. Dr Kalil Aïssata Keïta, conseiller juridique du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD), représentant la ministre à l’atelier, a rappelé le rôle de ces organisations et les attentes des pouvoirs publics à l’égard des propositions formulées au cours des travaux.

«Madame la Ministre m’a instruit de venir dire que la société civile est un acteur majeur dans le cadre de la promotion de la paix et de la citoyenneté. Toutes nos lois, nos textes sont structurés autour de la promotion de la société civile. Le deuxième message c’est celui de dire que la société civile doit faire preuve de résilience. Faire en sorte que tout ce qui va être proposé aujourd’hui soit des propositions permettant de trouver la solution aux problèmes qui assaillent notre société».

Au-delà des discussions, l’objectif est de parvenir à des recommandations concrètes pour aider les organisations à renforcer leur crédibilité, à diversifier leurs ressources et à maintenir un dialogue constructif avec les institutions et les communautés. Une attention particulière est accordée à la participation des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec un handicap, afin de favoriser une gouvernance qui tienne compte des préoccupations de toutes les composantes de la société.

À la clôture de l’atelier, un rapport synthétique doit réunir les principaux enseignements et recommandations afin de servir de base au plaidoyer et au suivi des engagements.

Car, derrière les réflexions institutionnelles, une question demeure essentielle : comment garantir que les citoyens continuent d’être écoutés et représentés dans les décisions qui concernent leur avenir ? Pour les acteurs réunis à Conakry, le défi est de faire de la résilience de la société civile un véritable levier de démocratie, de cohésion sociale et de paix durable en Afrique de l’Ouest.

Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com

publicité

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here