Home Actualités Journée mondiale contre la traite des êtres humains : Mohamed Diallo alerte...

Journée mondiale contre la traite des êtres humains : Mohamed Diallo alerte sur les arnaques en ligne, les kidnappings et la traite d’enfants en Guinée.

3
0
Publicité icipublicité

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, célébrée ce 30 juillet, les Nations unies mettent l’accent sur un phénomène de plus en plus préoccupant : l’exploitation de personnes au sein de réseaux d’escroqueries en ligne. Placée sous le thème « Piégés derrière l’escroquerie », l’édition 2026 met en lumière les nouvelles formes de traite liées à la cybercriminalité.

En Guinée, Mohamed Diallo, directeur exécutif de l’Organisation guinéenne de lutte contre la migration irrégulière, alerte sur la recrudescence des arnaques visant des citoyens guinéens, les cas de kidnapping en Sierra Leone ainsi que la persistance de la traite des enfants. Il appelle également les populations à dénoncer systématiquement les auteurs de ces crimes.

Selon lui, la traite des êtres humains ne se limite plus au travail forcé. Avec l’essor du numérique, les réseaux criminels recrutent désormais leurs victimes à travers les réseaux sociaux pour les exploiter dans des escroqueries financières ou d’autres activités illicites.

« Parmi les phénomènes les plus récurrents, nous pouvons citer le recrutement par les réseaux de trafiquants via Internet et les réseaux sociaux. Récemment, vous avez vu ce qui s’est passé à Kenema et à Ferensola, en Sierra Leone, où de nombreux Guinéens ont été interceptés. Plus récemment encore, des Guinéens ont été recrutés depuis la Guinée puis envoyés en Égypte. Ces cas étaient autrefois fréquents dans les pays du Maghreb, mais ils touchent désormais la sous-région », explique Mohamed Diallo.

Il évoque également le phénomène lie aux enfants confiés aux proches des parents, qui expose de nombreux enfants à l’exploitation.

« Certaines familles quittent Conakry pour aller chercher les enfants de leurs frères ou cousins à l’intérieur du pays, puis les ramènent à Conakry où ils sont victimes d’exploitation domestique, de mendicité forcée ou d’autres formes d’abus », déplore-t-il.

Face à cette situation, Mohamed Diallo insiste sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les citoyens et les services de l’État. Il estime que le silence contribue au développement des réseaux criminels.

« Il faut s’orienter vers les services mis en place par l’État. Si nous les évitons, nous risquons de tomber entre les mains de personnes mal intentionnées ou de trafiquants. Les citoyens doivent accepter de collaborer avec les autorités, notamment dans la lutte contre la traite des êtres humains. Nous devons cesser de protéger les bourreaux. Même si les auteurs occupent de hautes fonctions, ils doivent être dénoncés. Il existe d’ailleurs des mécanismes permettant de signaler les faits de manière anonyme afin que l’État puisse agir », ajoute-t-il.

Le directeur exécutif de l’Organisation guinéenne de lutte contre la migration irrégulière exhorte enfin les autorités guinéennes à renforcer les dispositifs de protection des citoyens et à intensifier la coopération avec les pays voisins. Selon lui, seule une action coordonnée permettra de lutter efficacement contre les réseaux de traite des êtres humains, de kidnapping et d’escroquerie qui sévissent de plus en plus dans la sous-région.

Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com

publicité

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here