
L’artisanat guinéen constitue l’un des principaux secteurs pourvoyeurs d’emplois dans le pays, avec plus de 300 000 travailleurs et environ 250 000 apprenants. Malgré ce poids économique considérable, il reste confronté à de nombreuses difficultés, selon le président de la Fédération nationale des artisans de Guinée (FENAG). Elhadj Boubacar Fofana évoque notamment le manque de matières premières et l’insuffisance de protection des œuvres artisanales. Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction ce jeudi 30 mai 2026, il appelle les autorités à soutenir et à mieux valoriser les métiers de l’artisanat en Guinée.
À travers le pays, de nombreuses personnes évoluent dans ce secteur. Mais malgré leur engagement à produire des biens et services pour la population, elles font face à plusieurs obstacles.
«Les grandes difficultés sont d’abord liées à la formation et au perfectionnement. Ensuite, il y a l’accès aux marchés, avec une concurrence souvent défavorable face aux produits étrangers. Enfin, certains métiers disparaissent faute de matériel adéquat pour les pratiquer », explique M. Fofana.
Et pourtant, insiste-t-il, l’artisanat demeure le premier pourvoyeur d’emplois en Guinée. « Nous comptons aujourd’hui 326 corps de métiers. Plus de 300 000 artisans sont recensés dans le pays. Nous sommes organisés en groupements, en coopératives et en entreprises artisanales. Au niveau local, nous disposons de 33 fédérations préfectorales et de 24 unions nationales regroupant les différentes filières. Par ailleurs, plus de 250 000 jeunes sont actuellement en formation dans nos ateliers », a-t-il précisé.
Au-delà du déficit en matières premières, les produits artisanaux souffrent également d’un manque de valorisation sur le marché. Face à ces défis, Boubacar Fofana interpelle à la fois les artisans et les pouvoirs publics.
« J’invite d’abord les artisans à renforcer leurs compétences par la formation. Mais nous demandons également au gouvernement de protéger la production locale, qui peut contribuer significativement au développement du pays », souligne-t-il.
Il indique enfin que le coût élevé des produits artisanaux locaux s’explique en grande partie par la rareté des matières premières indispensables à leur fabrication.
Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com

















