
Après plus de sept années de lutte syndicale, la Convention collective des médias guinéens est enfin une réalité. Bien qu’en attente de signature officielle, le texte est désormais validé dans son intégralité par les parties prenantes. Une avancée historique pour les journalistes et techniciens de la presse, longtemps confrontés à la précarité.
A Conakry, L’annonce a été faite par le Secrétaire général du Syndicat professionnel de la presse de Guinée (SPPJ), lors d’un entretien exclusif. Le document, fruit de longues négociations entre les organisations patronales de presse et les représentants syndicaux, prévoit une série de mesures structurantes pour garantir la protection sociale, la reconnaissance salariale et les droits fondamentaux des professionnels des médias.
« Certains n’y croyaient plus, mais nous avons mené ce combat avec rigueur et persévérance. Aujourd’hui, toutes les dispositions sont adoptées. Il ne reste que la signature officielle, suivie d’un arrêté d’extension du ministère du Travail », explique Sékou Jamal Pendessa syndicaliste.
Parmi les avancées majeures, la mise en place d’une grille salariale minimale constitue une nouveauté. Elle catégorise les travailleurs selon leur fonction, leur expérience et leur niveau de compétence. Aucun employé ne pourra désormais être payé en dessous d’un seuil fixé par la Convention.
« Il n’y a pas de plafond, mais il y a un plancher. C’est une protection contre l’exploitation et la précarité », précise le Secrétaire général.
Dans un secteur où l’informalité règne, la Convention collective vient instaurer un cadre juridique protecteur, même en l’absence de contrat écrit. Ainsi, tout journaliste employé dans un organe membre d’une organisation signataire est automatiquement couvert.
« Ce contrat collectif protège désormais tous les travailleurs. Même en cas de licenciement abusif, les tribunaux pourront s’appuyer sur la Convention », assure-t-il.
Autre volet essentiel,l’obligation pour les employeurs d’enregistrer leurs salariés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), garantissant ainsi une pension de retraite et une couverture maladie.
La Convention introduit également des primes spéciales pour les reporters envoyés en mission, notamment en zone de conflit ou lors d’événements à haut risque. Fini les déplacements non rémunérés ou les blessures non prises en charge.
La Convention ne se limite pas aux droits des employés. Elle protège également les entreprises médiatiques, notamment en instaurant des délais de préavis obligatoires en cas de départ volontaire.
« Le journaliste qui décide de partir doit prévenir à temps pour permettre au média de s’organiser. C’est une question de respect et de professionnalisme », conclut le syndicaliste Sékou Jamal Pendessa.
La signature officielle de la convention interviendra lors d’une cérémonie présidée par le ministre du Travail. Elle sera suivie d’un arrêté d’extension, rendant le document obligatoire pour tous les médias guinéens, membres ou non d’une organisation patronale signataire.
Cette convention s’annonce comme un tournant majeur dans la structuration et la professionnalisation du secteur médiatique en Guinée.
Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com
















