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25 août 1958 : Doyen Anta Cheick Condé compagnons de l’indépendance revient sur le discours historique d’Ahmed Sékou Touré.

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À l’occasion du 68ᵉ anniversaire du discours historique prononcé le 25 août 1958 par Ahmed Sékou Touré devant le général Charles de Gaulle, le doyen Anta Cheick Condé, compagnon de l’indépendance, revient sur les circonstances de cette journée qui a marqué l’histoire de la Guinée. Dans cet entretien, il évoque le choix de l’indépendance, le rôle des compagnons de l’époque et appelle la jeunesse guinéenne à poursuivre le combat pour l’indépendance économique. voici l’entretien

Moyaguinee.com : Doyen Anta Cheick Condé, bonsoir.

Anta Cheick Condé : Oui, bonsoir.

Moyaguinee.com : Vous avez vécu la période de l’indépendance aux côtés de feu Ahmed Sékou Touré, le premier président de la République de Guinée. Personnellement, qu’est-ce que vous retenez de la journée du 25 août 1958 ?

Anta Cheick Condé : Je suis un jeune compagnon, un très jeune compagnon du président Sékou Touré. De cette journée du 25 août, nous retenons une journée décisive qui a déterminé l’avenir de la Guinée et, au-delà, celui de l’Afrique.

Par le choix courageux opéré par le président Sékou Touré et ses compagnons, notamment Saïfoulaye Diallo, Louis Lansana Béavogui et Mafory Bangoura, la Guinée a choisi la liberté, l’indépendance et la dignité de l’homme africain.

Moyaguinee.com : Justement, lorsque cette phrase a été prononcée par le président Sékou Touré à l’époque, aviez-vous immédiatement mesuré l’impact qu’elle pouvait avoir sur le pays et les répercussions qu’elle pouvait entraîner pour la nation ?

Anta Cheick Condé : Ah oui. Le président Sékou Touré et ses compagnons savaient exactement ce qu’ils voulaient et mesuraient l’importance des paroles qu’ils prononçaient.

C’étaient, à l’époque, de jeunes responsables conscients de leurs responsabilités vis-à-vis de la Guinée et des peuples africains. Ils n’ont rien fait par hasard. C’était un choix libre et pleinement assumé.

Moyaguinee.com : Doyen, parmi les compagnons d’Ahmed Sékou Touré, y en avait-il qui exprimaient des inquiétudes ou des réserves concernant le choix de la Guinée de dire « non » à la communauté française ?

Anta Cheick Condé : Non. À l’honneur des compagnons de l’indépendance, je peux dire que même les partis qui, à l’époque, étaient considérés comme des partis d’opposition se sont accordés, au moment du choix, pour dire non à l’esclavage et oui à la liberté.

Sans exception. Même si ces partis étaient opposés sur les méthodes et sur la manière de conduire le pays, lorsqu’il a fallu faire un choix sur l’indépendance, il n’y a pas eu de divergence.

Tous étaient d’accord, aussi bien le PDG, le PRA que les autres formations politiques.

Moyaguinee.com : Avec le recul, aujourd’hui, pensez-vous que la décision prise en 1958 correspond toujours aux aspirations du peuple de Guinée ?

Anta Cheick Condé : Ah oui, aujourd’hui plus qu’hier. Parce que la liberté reste une valeur fondamentale.

En 1958, la Guinée a été le seul pays d’Afrique subsaharienne à choisir l’indépendance immédiate. En 1960, que l’on a appelée l’année de l’Afrique, plus de 17 pays ont, à leur tour, accédé à l’indépendance.

Cela montre que notre choix était mûrement réfléchi. Et aujourd’hui, plus qu’hier, l’Afrique a besoin de liberté.

Hier, il s’agissait de conquérir l’indépendance politique. Aujourd’hui, il faut aller vers l’indépendance économique.

Moyaguinee.com : Quel message souhaitez-vous adresser aujourd’hui à la jeunesse guinéenne qui commémore ce 25 août, mais qui n’a pas connu le combat mené par votre génération ?

Anta Cheick Condé : Justement, la jeunesse doit s’emparer de l’héritage glorieux laissé en 1958 : le sentiment de liberté, de dignité et de responsabilité.

Hier, le combat était essentiellement politique. Aujourd’hui, il doit être économique. Nous devons construire une Afrique indépendante sur le plan économique. C’est ce qui permettra aux Africains de demeurer libres, dignes et fiers.

Voilà la mission de la jeunesse actuelle.

Hier, les jeunes de 1958, notamment le président Sékou Touré et ses compagnons comme Saïfoulaye Diallo, Béavogui et Mafory Bangoura, étaient eux-mêmes très jeunes. Ils avaient parfois 28, 29, 35 ou 40 ans.

Aujourd’hui, la jeunesse doit donc s’emparer du savoir et du savoir-faire. Parce que si l’Afrique a été dominée par la science et la connaissance, c’est également par la science et la connaissance qu’elle pourra conquérir son indépendance économique.

Nous invitons donc la jeunesse à s’approprier le savoir et le savoir-faire. C’est cela qui peut garantir la dignité et l’avenir de l’Afrique. Voilà le message que nous lui adressons.

Moyaguinee.com : Doyen Anta Cheick Condé, merci d’avoir répondu à nos questions.

Anta Cheick Condé : Merci à vous.

entretien réalisé par Tenema Doumbouya

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