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Éboulement à Dar-es-Salam, démolition des habitations et inquiétude des riverains à Conakry.

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CONAKRY — Après l’éboulement meurtrier survenu dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août à la décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, les autorités guinéennes ont engagé une opération d’évacuation et de démolition des habitations situées dans les zones à risque. Le bilan officiel de la catastrophe s’élève désormais à 34 morts et plus d’une vingtaine de blessés.

L’opération vise à sécuriser les abords de la décharge et à éloigner les populations exposées au risque d’un nouvel éboulement. Mais sur le terrain, la mesure suscite l’inquiétude de plusieurs riverains, qui craignent de perdre leurs habitations sans disposer immédiatement d’une solution durable de relogement.

Face à la répétition des incidents sur le site de Dar-es-Salam, la Direction nationale de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme a engagé des opérations visant à libérer les zones considérées comme dangereuses. Des engins mécaniques ont été déployés pour démolir certaines habitations, hangars et ateliers installés aux abords de la décharge.      Pour certains habitants, cette opération intervient brutalement et les plonge dans une situation d’incertitude.

« Nous sommes nés ici. Nous n’avons ni père ni mère. C’est le seul héritage que nos parents nous ont laissé. Nous avons passé toute la nuit à pleurer. Ce matin, on nous a sommés de quitter les lieux, alors que les machines sont déjà arrivées. Nos bagages sont dehors et, avec cette période de pluies, nous ne savons pas où les envoyer. Nous sommes orphelins et nous n’avons nulle part où aller », déplore Oumou Camara.

Présents sur les lieux, des acteurs de la société civile estiment néanmoins que l’évacuation des populations vivant à proximité de la décharge est nécessaire pour éviter une nouvelle catastrophe.

Abdoul Karim Touré, l’un des responsables du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG), insiste notamment sur les risques sanitaires et sécuritaires auxquels sont exposés les riverains.

« Pour le bien-être de la population riveraine, il est mieux de les faire partir pour leur propre sécurité. Sur le plan sanitaire, il y a des soucis. Sur le plan sécuritaire également, nous avons entendu à plusieurs reprises que la zone était toxique. Le mieux aujourd’hui, c’est de faire quitter cette population et de la mettre en sécurité sanitaire. Nous les avons sensibilisés afin qu’ils acceptent cette proposition du gouvernement », explique-t-il.

Les autorités guinéennes annoncent par ailleurs la mise en place d’un dispositif d’accompagnement des familles affectées. Selon les données communiquées par le gouvernement, environ 1 500 personnes nécessitent un relogement, tandis que 542 sinistrés sont actuellement accueillis à l’école primaire de Dixinn Centre 1.

Au moins 72 ménages considérés comme étant à haut risque ont également été identifiés aux abords de la décharge. Les autorités prévoient la recherche de nouveaux sites de relogement dans différentes communes de Conakry.

De son côté, le maire de Gbessia, Mamadou Saliou Fofana, estime que la démolition des habitations situées dans les zones dangereuses est nécessaire pour protéger les populations.

« Je pense que cette démolition est nécessaire. C’est pour préserver la vie humaine. Vous avez tous constaté ce qui est arrivé, c’est déplorable. Pour éviter que ce genre de drame se reproduise, l’État a pris ses responsabilités. Toutes les populations qui doivent quitter sont déjà accompagnées par le gouvernement. Elles seront toutes recasées, par la grâce de Dieu », indique le maire.

Pour les autorités, la priorité est désormais de sécuriser le périmètre de la décharge, d’évacuer les ménages exposés et d’accompagner les familles touchées. La démolition complète de la décharge est également annoncée, parallèlement à la recherche de solutions de relogement pour les populations concernées.

Alors que les opérations se poursuivent à Dar-es-Salam, les habitants concernés restent dans l’attente de solutions concrètes et durables. L’enjeu est désormais double : mettre lespopulations à l’abri tout en garantissant un accompagnement aux familles contraintes de quitter leurs habitations.

Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com

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