
Le procès des huissiers de justice Maître Daouda Camara et Maître Mandjou Sangaré s’est poursuivi ce mercredi 7 octobre 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Les deux prévenus sont poursuivis pour escroquerie au jugement, faux et usage de faux et complicité.
À la barre, ils ont nié les faits qui leur sont reprochés.À l’audience, Maître Sory Daouda Camara a déclaré être surpris par sa convocation dans cette affaire, qui remonte au mois d’avril 2018.Selon lui, depuis le début de la procédure, il n’aurait posé que deux actes, après avoir reçu une ordonnance d’exécution de paiement concernant une créance détenue par dame Challoub.Dans ses explications, l’huissier a indiqué que l’ordonnance d’exécution de la créance avait été signifiée à la banque Ecobank par son stagiaire, Mandjou Sangaré, qui était officiellement reconnu comme tel.Maître Daouda Camara a expliqué que son stagiaire s’était limité à signifier l’acte à la banque et à apposer la mention correspondante. Il a toutefois précisé que, par la suite, Ecobank, qui avait dans un premier temps accepté de prendre le dossier, s’était finalement rétractée.L’huissier a également indiqué ne pas savoir si cette situation avait par la suite permis à la créancière d’obtenir d’autres actes juridiques.Le parquet met en cause le statut de stagiaire de Mandjou SangaréPour le parquet, Mandjou Sangaré, qui était encore stagiaire et n’avait pas prêté serment à cette époque, ne devait pas procéder à la signification de l’acte dans ces conditions.Au cours de l’interrogatoire, les avocats de la partie civile ont, eux aussi, évoqué une éventuelle négligence de la part de Maître Sory Daouda Camara.Selon Maître Antoine Pépé Lamah, l’huissier aurait dû retourner à la banque afin d’obtenir une réponse concernant l’acte signifié.Une remarque à laquelle Maître Daouda Camara a répondu qu’Ecobank n’avait pas accepté la signification de l’acte. Selon lui, il n’était donc plus possible de retourner auprès de la banque pour obtenir une réponse.Répondant aux questions de sa défense, Maître Sory Daouda Camara a estimé que cette audience constituait « une honte pour l’appareil judiciaire de la Guinée ».L’huissier a par ailleurs affirmé n’avoir aucune connaissance d’un acte qui aurait pu contribuer à permettre à une juridiction de prendre des mesures judiciaires ou d’assigner la banque en justice.À son tour, Mandjou Sangaré est revenu sur les échanges qu’il avait eus, à l’époque, avec la conseillère juridique d’Ecobank.Selon ses explications, la conseillère juridique avait d’abord accepté de prendre l’acte de signification avant de se rétracter. C’est cette situation qui l’aurait conduit à rectifier la mention qu’il avait déjà apposée sur l’acte de signification.Le procureur lui a alors demandé si, en tant que stagiaire, la loi l’autorisait à porter une telle mention sur un acte de signification.Mandjou Sangaré a répondu qu’au regard des circonstances, il avait estimé nécessaire de le faire après le refus de la conseillère juridique de la banque de prendre l’acte.De son côté, l’avocat d’Ecobank, Maître Antoine Pépé Lamah, lui a demandé s’il savait que la mention portée sur l’acte de signification avait causé un préjudice à la banque.Le prévenu a répondu que, selon lui, c’est la banque qui s’était retrouvée en difficulté en refusant de prendre l’acte de signification.Après le rejet par le tribunal de la demande de mise en liberté, le procès a finalement été renvoyé au lundi 12 octobre 2026. Les débats devraient se poursuivre à cette date devant la CRIEF.
Ténèma Doumbouya, pour Moyaguinee.com



















