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Kindia, Mont Gangan : vivre au sommet de l’isolement et de la précarité.

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Vivre au sommet, c’est souvent vivre loin de tout. Les habitants du mont Gangan, dans le secteur Kiria, situé dans le quartier Tafory Gangan, dans la commune urbaine de Kindia, survivent dans des conditions extrêmement difficiles. Des familles entières y vivent sans route, sans eau potable, sans école ni centre de santé. Enclavés par l’altitude, ces citoyens paient le prix d’un manque criard d’infrastructures de base, une situation qui les plonge dans une profonde détresse. Aujourd’hui, ils lancent un appel pressant aux autorités.

Deux heures de marche : c’est le temps nécessaire pour atteindre le sommet du mont Gangan. À cet endroit, plus de 400 personnes, majoritairement des femmes, vivent accrochées à la montagne. En cette période d’hivernale, les femmes de Gangan Kiria transportent environ 40 kg de produit agricole sur la tête chaque jour pour subvenir aux besoins de leur famille. Leur objectif : vendre ces mangues en ville et revenir avec de quoi préparer le repas du soir. Mamadama Sylla, habitante de Gangan Kiria, témoigne :   

« La principale difficulté ici, c’est l’absence de route. Même pour se nourrir, c’est compliqué. Pendant la saison des mangues, nous les transportons jusqu’en ville pour les vendre afin d’acheter du riz et des condiments pour nos familles. Personnellement, je marche trois heures pour atteindre la ville. Le relief est montagneux, donc très dangereux : on avance en s’accroupissant, en trébuchant. » Indique-t-elle

Au-delà de l’enclavement, les infrastructures de base sont quasi inexistantes. Les femmes enceintes sont transportées à dos d’homme, sur des brancards de fortune et le manque d’eau est un problème qui impact énormément des femmes explique Fatoumata Camara.

« Ici, lorsqu’une femme tombe enceinte, c’est l’inquiétude qui commence. Certaines peuvent accoucher sans problème, mais pour d’autres, nous sommes obligés de les transporter jusqu’en bas de la montagne.  Vous-même, vous voyez qu’il n’y a ni route ni moyen de transport. Les jeunes sont donc obligés de mettre ces femmes dans des hamacs pour les descendre jusqu’à l’hôpital de Kindia.   Les femmes qui sont déjà en travail souffrent énormément pendant le trajet. Parfois, après l’accouchement, nous sommes obligés de rester jusqu’à une semaine en bas, parce qu’il nous est impossible de remonter la montagne.  Nous n’avons pas d’eau ici. Nous nous réveillons à 5 heures du matin pour aller chercher de l’eau. Là-bas aussi, l’eau coule en très petite quantité, et nous sommes obligés de faire la queue pour pouvoir en avoir un peu.   Après avoir transporté l’eau, nous revenons préparer les enfants pour qu’ils puissent aller à l’école. Ensuite, nous prenons nos fagots de bois pour aller les vendre, afin d’acheter les condiments et revenir préparer le repas avant l’arrivée des enfants.  C’est vraiment une souffrance ». Déplore-t-elle.

 L’école la plus proche se trouve en bas de la montagne, à deux heures de marche. Résultat : de nombreux enfants du secteur ne sont pas scolarisés. Karamo Moussa Sylla, sage de Kiria, explique :

« Notre principal problème, c’est la route. Nous sommes très éloignés de l’école. Les jeunes enfants ne peuvent pas marcher jusqu’à Tafory Gangan ou Bibane. C’est pourquoi nous attendons qu’ils grandissent avant de les inscrire à l’école. Ce que nous demandons, c’est que les autorités et les bonnes volontés nous aident à obtenir de l’eau potable, une route et une école. » Témoigne le sage

Route, eau potable, poste de santé, école, électricité : à Gangan Kiria, ces besoins essentiels restent largement insatisfaits. Les habitants ne réclament pas le luxe, mais simplement des conditions de vie dignes.

 M S DIALLO Kindia moyaguinee.com

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