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Guinee, élections législatives et communales du 31 mai 2026 : un scrutin globalement apaisé, mais marqué par des défis opérationnels (rapport Wanep Guinée)

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Le dimanche 31 mai 2026, plus de 6,7 millions d’électeurs guinéens ont été appelés aux urnes pour élire leurs députés et leurs conseillers communaux. Ce double scrutin, considéré comme l’ultime étape du processus de transition engagé depuis septembre 2021, s’est déroulé sous l’observation citoyenne de WANEP-Guinée à travers sa Salle de Situation Électorale (SSE).

Pour assurer un suivi indépendant du scrutin, WANEP-Guinée a déployé 600 observateurs dans 300 communes couvrant les huit régions administratives du pays. Au total, 586 observateurs ont effectivement suivi les opérations dans 3 637 bureaux de vote.    Grâce aux remontées de terrain et au travail de coordination de la Salle de Situation Électorale, composée de cinq chambres spécialisées (contrôle qualité, analyse des données, vérification des faits, communication et mobilisation de réponses aux risques), l’organisation a pu suivre en temps réel le déroulement du scrutin et documenter les incidents signalés.

Les observations réalisées indiquent que le scrutin s’est déroulé dans un climat globalement calme sur l’ensemble du territoire national.

Parmi les principaux constats positifs relevés :     93 % des bureaux de vote observés disposaient de l’ensemble des membres requis à l’ouverture ; 77 % des bureaux comptaient au moins une femme parmi les membres du bureau ;

99 % des bureaux ont respecté les procédures de vérification et de sécurisation des urnes ; le secret du vote a été garanti dans 99 % des bureaux observés ; les opérations de dépouillement se sont déroulées de manière publique, transparente et sans tension dans 98 % des cas ; les personnes vulnérables, notamment les personnes vivant avec un handicap, les personnes âgées et les femmes enceintes, ont bénéficié de l’assistance nécessaire.

Les données recueillies montrent également une présence importante des forces de sécurité dans les centres de vote, sans influence apparente sur les opérations électorales.

Malgré le bon déroulement général du scrutin, plusieurs difficultés ont été observées sur le terrain.

Les retards d’ouverture ont constitué l’un des principaux défis. Alors que l’ouverture officielle était prévue à 7 heures, 26 % des bureaux observés ont accusé un retard. Plus préoccupant encore, à 9h20, près de 29 % des bureaux suivis à cette heure n’étaient toujours pas ouverts.     Des insuffisances logistiques ont également été signalées dans plusieurs localités, notamment : le manque de fiches de dérogation et de procuration l’insuffisance d’encre indélébile ;   l’absenbce de certaines listes d’émargement ;  le manque de scellés et d’accessoires de sécurisation des urnes.

Par ailleurs, 11 % des électeurs appelés à voter par dérogation n’ont pas pu exercer leur droit de vote faute de documents disponibles.

La mission a documenté également plusieurs incidents jugés préoccupants, principalement dans les préfectures de Siguiri, Pita et Mali.

À Siguiri, quatre cas avérés de pression sur les électeurs et de corruption ont été rapportés dans différents bureaux de vote. Des irrégularités ont également été observées dans certains centres où des consignes de vote auraient été données aux électeurs ou où l’accès des délégués des partis aurait été restreint.

À Pita, une activité assimilable à de la campagne électorale a été signalée le jour du scrutin, en violation des règles électorales.

Dans la préfecture de Mali, un incident impliquant l’interpellation d’un jeune électeur pour perturbation présumée du vote a été résolu grâce à une médiation locale.

La cellule de vérification des faits de la Salle de Situation Électorale a constaté une baisse notable des contenus de désinformation par rapport aux précédents scrutins de 2025.     

L’incident le plus significatif concernait une vidéo virale présentant l’effondrement supposé d’un pont à Pita lors du passage d’un candidat politique. Les vérifications techniques ont démontré qu’il s’agissait d’images anciennes accompagnées d’un contenu sonore généré artificiellement.

Selon les analyses de WANEP-Guinée, la diminution des campagnes de désinformation semble davantage liée à une faible mobilisation citoyenne sur les questions électorales qu’à une amélioration durable de l’environnement numérique.

Au regard des observations recueillies, WANEP-Guinée formule plusieurs recommandations visant à renforcer la crédibilité et l’efficacité des futurs processus électoraux.

Au Gouvernement :

Ouvrir des enquêtes judiciaires sur les cas de corruption et de pression documentés ;

Garantir la neutralité des autorités administratives dans la gestion des scrutins ;

Renforcer le dialogue politique et l’inclusivité démocratique ; développer des dispositifs adaptés aux personnes à besoins spécifiques afin de favoriser leur participation électorale.

À la Direction Générale des Élections (DGE) :

Vérifier les résultats dans les bureaux où les procès-verbaux n’ont pas été affichés ;

Renforcer la logistique électorale pour prévenir les ruptures de matériel ;

Accélérer la digitalisation du système électoral et du suivi des opérations de vote ;

Renforcer la formation des agents électoraux ; intensifier les actions de sensibilisation des électeurs ; développer des mécanismes favorisant la participation des femmes, des jeunes et des personnes vulnérables.

Aux acteurs politiques :

Renforcer l’éducation civique et électorale de leurs militants ; privilégier les voies légales de règlement des contentieux ; sensibiliser leurs partisans à la non-violence.

Aux médias et à la société civile :

Promouvoir le fact-checking et la diffusion d’informations vérifiées ; respecter les principes d’éthique et de déontologie ; poursuivre les programmes d’éducation citoyenne et de veille démocratique.

Au terme de son observation, WANEP-Guinée estime que les élections législatives et communales du 31 mai 2026 se sont déroulées dans un climat globalement apaisé et sans violence majeure.

Toutefois, les retards d’ouverture, les insuffisances logistiques ainsi que certains cas localisés de corruption, de pression et d’ingérence administrative soulignent la nécessité de poursuivre les réformes institutionnelles et opérationnelles afin de renforcer la transparence, l’inclusivité et la crédibilité des futurs processus électoraux en Guinée.

La Salle de Situation Électorale appelle ainsi l’ensemble des acteurs politiques, institutionnels et sociaux à préserver la paix, à respecter les procédures légales et à contribuer à la consolidation des acquis démocratiques du pays.

Tenema Doumbouya pour moyaguinée.com

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