

Depuis le 1er mai, la pénurie de carburant prend une ampleur préoccupante dans la commune urbaine de Kankan, avec de lourdes répercussions sur les activités des petites et moyennes entreprises. Dans les stations-service, le carburant se fait de plus en plus rare, tandis que sur le marché noir, les prix connaissent une flambée incontrôlée. Une situation qui perturbe fortement le fonctionnement des ateliers et des services dépendant de l’électricité.
Dans les ateliers de couture, de soudure et de menuiserie, les activités tournent désormais au ralenti. Artisans et prestataires de services dénoncent une crise qui affecte directement leur quotidien dans une ville où l’accès à l’électricité dépend largement du carburant. Soudeur de profession, Kalil Sanoh explique les difficultés auxquelles il est confronté depuis le début de cette pénurie.

« Actuellement, il est très difficile de trouver du carburant. Et lorsqu’on en trouve, les prix sont très élevés : parfois 15 000 ou 20 000 francs le litre. Dans les stations, on refuse aussi de servir dans les bidons, alors que nous ne pouvons pas déplacer nos machines jusque-là. Nous souffrons énormément de cette situation », déplore-t-il.
Même constat chez les menuisiers. Oumar Bérété témoigne des conséquences de cette crise sur son activité.

« Nous avons besoin du carburant pour accélérer le travail, car les commandes sont nombreuses. Même si les prix sont élevés, il faut au moins que le carburant soit disponible. Nous souffrons vraiment et nous demandons aux autorités de nous venir en aide », affirme-t-il.
Fatoumata, couturière, évoque quant à elle la baisse de ses activités provoquée par l’arrêt ou le ralentissement de certaines machines faute d’électricité.

« Nos machines de broderie et de finition ne fonctionnent pas sans courant. Nous fixons des rendez-vous aux clients, mais à cause du manque de carburant, nous ne pouvons pas travailler correctement pendant la journée. Souvent, les clients reviennent et constatent que leurs commandes ne sont pas prêtes. Actuellement, nous achetons le carburant entre 30 000 et 40 000 francs. Les autorités doivent vraiment agir », explique-t-elle.
De son côté, Daniel Gamy, prestataire de services, décrit les difficultés économiques engendrées par cette crise.

« Nous travaillons avec des moteurs, et sans essence, ils ne peuvent pas fonctionner. Aujourd’hui, le litre se vend jusqu’à 20 000 francs. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas continuer à faire des photocopies à 500 francs, sinon nous ne gagnons rien. Mais dès qu’on augmente les prix, les clients s’éloignent », souligne-t-il.
Malgré la diversité de leurs métiers, tous dénoncent les mêmes difficultés liées aux pénuries récurrentes de carburant à Kankan. Face à une situation devenue préoccupante, de nombreux citoyens appellent les autorités à prendre des mesures durables afin de réguler le secteur et soulager les populations.
MY KANKAN pour moyaguinee.com

















