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Bijouterie en Guinée : un artisanat en danger face aux importations chinoises

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La fabrication de bijoux, notamment de bagues et de bracelets, est un métier très ancien. Mais en Guinée, ce secteur peine encore à évoluer véritablement. À Conakry, par exemple, la production reste largement traditionnelle. À cela s’ajoutent plusieurs difficultés, notamment l’accès aux matières premières. Les artisans dénoncent également l’inondation des marchés par des produits importés, principalement chinois, qui fragilisent leur activité.

Depuis plusieurs siècles, ce métier est pratiqué partout dans le monde. S’il a évolué ailleurs, en Guinée, la majeure partie des artisans continue de l’exercer de façon traditionnelle. Dans un atelier de Cosa, Amadou Condé explique qu’en plus des difficultés liées au manque de matières premières, les produits chinois envahissent les marchés, impactant fortement leur activité.

« Nous fabriquons des bagues, bracelets et chaînes pour hommes et femmes. L’argent que nous utilisons vient de France et de la sous-région, et l’or provient de Siguiri. Mais aujourd’hui, nous rencontrons beaucoup de difficultés. Les femmes achètent rarement chez nous à cause des produits chinois bon marché. Certes, ils sont moins chers, mais de mauvaise qualité. Par exemple, un ensemble peut coûter 20 000 francs, alors qu’ils sont disponibles dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Ces importations chinoises affectent notre métier », explique-t-il.

Pour maître Mamadou Lamarana Diallo, ces bijoux importés ont des effets négatifs sur la santé des citoyens. « Les gens doivent comprendre que l’argent et l’or sont des métaux précieux. Ceux qui achètent des bijoux chinois paient moins cher, certes, mais il n’y a aucune garantie et ce n’est pas bon pour la peau. Nous devons revenir à nos traditions et valeurs en portant de l’argent et de l’or. Avec le temps, leur valeur augmente. Ce sont de véritables trésors », souligne t-il

Dans plusieurs ateliers visités par notre rédaction, nous avons constaté que peu d’apprentis viennent se former à ce métier. Maître Mamadou Diallo explique : « Actuellement, nous accueillons difficilement des apprentis, car les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas sérieux. Ils peuvent prendre un objet et disparaître. Certains clients nous confient un gramme d’or ; s’il disparaît, nous sommes obligés de rembourser. C’est pourquoi nous préférons travailler avec nos propres enfants. »

Par ailleurs, ces bijoutiers demandent aux autorités guinéennes de prendre des mesures contre l’importation massive de bijoux chinois dans le pays, estimant que cela les empêche de vivre de leur art. Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com

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