

À l’issue d’une conférence de presse tenue à la Maison de la presse de Dixinn ce jeudi 12 Fevrier 2026, le collectif des personnes en situation de handicap diplômées sans emploi a lancé un appel aux autorités guinéennes pour leur intégration à la fonction publique. Selon eux, malgré leurs qualifications et leurs nombreuses démarches, leurs dossiers restent sans suite. Ils affirment vouloir travailler dignement et servir la nation, loin de toute forme de mendicité.
Après la conférence, le reporter de moyaguinee.com s’est entretenu avec le président de l’association, Monsieur Vévé Koivogui, qui revient sur leurs revendications et leurs difficultés.
Entretien:
Moya Guinée : Monsieur Vévé Koivogui, vous venez de tenir une conférence de presse. Dites-nous de quoi il a été question ?
Vévé Koivogui : Cette conférence avait pour objectif de parler de notre situation, celle des personnes handicapées diplômées sans emploi. Nous terminons nos études dans la souffrance, en surmontant de nombreuses difficultés. Mais une fois diplômés, nous ne trouvons pas d’emploi. Nous avons entrepris plusieurs démarches sans succès. C’est pourquoi nous avons décidé de faire appel aux médias afin que notre situation soit portée à la connaissance des autorités. Nous voulons servir de modèle et montrer que le handicap n’est pas synonyme de mendicité ou de malheur. C’est simplement un état, et nous avons aussi des compétences à offrir à notre pays.
Moya Guinée : Vous avez évoqué des démarches. Pouvez-vous préciser lesquelles et auprès de quelles institutions ?
Vévé Koivogui : La FIGIPA est l’institution chargée de gérer les dossiers des personnes handicapées. Nous avons collecté tous les dossiers des diplômés handicapés et les avons déposés à leur niveau. Ces dossiers ont été transmis au ministère concerné. Cependant, nous avons constaté une lenteur dans le traitement. Nous avons demandé une audience à Madame la ministre, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas été reçus. Chaque mois, nous nous rendions au ministère pour suivre l’évolution, sans résultat. C’est ce qui nous a poussés à nous tourner vers les médias, afin que notre voix soit entendue.
Moya Guinée : Il y a eu récemment des concours d’accès à la fonction publique. Avez-vous participé ? Les personnes handicapées doivent-elles obligatoirement passer par un concours ?
Vévé Koivogui : Non, les personnes handicapées ne sont pas obligées de passer par un concours. Il existe un mécanisme de recrutement par dérogation. Depuis l’an 2000, plusieurs promotions ont été intégrées ainsi, notamment en 2000, 2005, 2008 et 2019. Le principe est simple : les dossiers sont collectés, transmis aux institutions compétentes, puis l’État prend une décision d’engagement. Ce mécanisme est prévu par les textes. Nous demandons simplement l’application de ces dispositions.
Moya Guinée : Au-delà de l’emploi, quelles sont les autres difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?
Vévé Koivogui : Nous faisons face à de nombreuses difficultés. Le déplacement est très compliqué. La vie est chère, et à notre âge, souvent au-delà de 30 ans, il est difficile de dépendre constamment des autres. Nous voulons travailler et être autonomes. Nous ne voulons pas mendier. Au contraire, nous voulons servir d’exemple et montrer que les personnes handicapées peuvent contribuer au développement du pays.
Moya Guinée : Quel est votre message aux autorités, notamment au nouveau gouvernement ?
Vévé Koivogui : Nous demandons au nouveau gouvernement de prendre en compte notre situation. Beaucoup d’entre nous vivent dans la précarité, avec des problèmes de santé et sans soutien. Les gouvernements précédents ont intégré des personnes handicapées à la fonction publique par dérogation. Nous demandons simplement la continuité de cette politique. Nous avons des exemples de réussite, comme certains cadres handicapés qui occupent aujourd’hui des postes importants et accomplissent un travail remarquable. Nous voulons, nous aussi, servir notre nation avec dignité.
Moya Guinée : Merci, Monsieur Koivogui.
Vévé Koivogui : Merci à vous de nous avoir donné la parole.
Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com
















