
Le mois de décembre 2025 aura été particulièrement mouvementé pour le système éducatif guinéen. Après dix jours de grève lancée au début du mois par l’intersyndicale SNE–FSPE, qui réclame notamment une revalorisation salariale de 40 %, les enseignants ont finalement repris les cours le 11 décembre. Cette suspension provisoire du mouvement intervient après une période tendue, marquée par des perturbations majeures à Conakry et dans plusieurs villes de l’intérieur, ainsi que des incidents violents dans certains établissements.
Le 11 décembre, les représentants du Gouvernement et de l’Intersyndicale se sont retrouvés au ministère de la Fonction publique pour une nouvelle séance de négociation. Selon Aboubacar Diesto Camara, porte-parole des syndicats, la rencontre a permis de renouer un dialogue longtemps bloqué et de consolider l’unité syndicale, un élément clé pour la légitimité des revendications.
Les syndicats affirment avoir obtenu la prise en compte de plusieurs points jusque-là écartés, notamment :
Les indemnités de logement et de transport ;
L’examen du statut des enseignants contractuels, y compris ceux non retenus et ceux basés à Conakry.
Le Gouvernement doit maintenant consulter ses équipes techniques et les ministres concernés avant de revenir avec des propositions concrètes. L’Intersyndicale, composée du FSPE, du SNE et du SLECG, prévient toutefois qu’en cas d’absence d’accord satisfaisant, le mouvement syndical pourrait se radicaliser.
Alors que le climat reste fragile, une nouvelle mesure vient modifier le calendrier scolaire. Le Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation a décidé de fermer l’ensemble des écoles publiques et privées du pays dans le cadre de l’organisation de l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025.
Les élèves seront donc en congé du lundi 15 décembre 2025 au dimanche 4 janvier 2026, avec une reprise des cours fixée au lundi 5 janvier 2026.
Selon le ministère, cette décision vise notamment à :
Faciliter les opérations électorales ;
Garantir la sécurité des élèves et du personnel éducatif ;
Protéger les établissements mobilisés comme bureaux de vote.
Le département a exprimé sa gratitude aux acteurs du secteur éducatif pour leur compréhension et leur sens de la responsabilité, alors que la Guinée aborde une fin d’année à la fois socialement sensible et politiquement déterminante.
Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com

















