
L’exploitation minière et l’agriculture extensive provoquent des dégâts écologiques majeurs en Guinée. L’ancien Premier ministre Kabinet Komara tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme à travers la publication de son ouvrage Notre biodiversité en danger – Guinée : Plaidoyer pour des actions salvatrices. Dans un entretien accordé à RFI, il revient sur les causes, les conséquences et les risques croissants liés à la dégradation de l’environnement.
Depuis l’indépendance, la Guinée peine à moderniser son agriculture. L’ancien chef du gouvernement souligne que la généralisation de l’agriculture extensive, pratiquée de manière anarchique, a un impact direct sur la biodiversité.
Selon lui, « l’agriculture extensive pratiquée de manière désordonnée accroît le déboisement, pollue les sols et les cours d’eau, au point que des zones autrefois boisées et verdoyantes perdent progressivement leur richesse biologique, laissant place à des savanes arborées ». Une évolution qu’il juge particulièrement inquiétante.
L’autre menace majeure réside dans l’exploitation de la bauxite, largement pratiquée à ciel ouvert dans la région de la Basse Guinée. Kabinet Komara déplore les dégâts causés par ces activités minières :
« Au fur et à mesure que l’exploitation progresse, vous déboisez et vous laissez des trous béants exposés à la nature. Cela favorise la poussière, assèche les cours d’eau et empêche les populations d’accéder aux zones agricoles », explique-t-il.
À propos du gigantesque projet du gisement de fer de Simandou, l’ancien Premier ministre appelle à un strict respect des normes environnementales. Il insiste sur l’obligation de restaurer les sites après exploitation :
« À la fin des opérations, les sites doivent être remis dans leur état initial. C’est ce que nous devons attendre des sociétés exploitant le fer de Simandou », martèle-t-il.
Actuellement, ONG et communautés riveraines expriment leurs préoccupations face au respect des normes environnementales, notamment le long du tracé du chemin de fer de 650 kilomètres censé relier Simandou à Morébaya. Les impacts potentiels sur les cours d’eau, les terres agricoles et les habitats naturels alimentent les craintes.
À travers son plaidoyer, Kabinet Komara appelle à une prise de conscience nationale et à des mesures urgentes pour préserver ce qui reste de la richesse écologique guinéenne.
Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com
















