
À quelques semaines du référendum sur la nouvelle constitution guinéenne, prévu pour le 21 septembre prochain, l’Alliance Nationale pour l’Alternance Démocratique (ANAD) a réaffirmé son opposition ferme au processus. Invité de notre rédaction, le docteur Edouard Jotomou Pogomou, cadre de la coalition, a exprimé des critiques sévères contre l’initiative du gouvernement de transition.
« Une nouvelle constitution n’était pas nécessaire »
Dès l’entame, Dr Pogomou rappelle que pour l’ANAD, l’élaboration d’une nouvelle constitution ne se justifiait pas :
« On n’avait pas besoin d’une nouvelle constitution, à moins qu’il y ait eu des intentions cachées. Par conséquent, nous ne l’avons pas approuvée », déclare-t-il.
Selon lui, le processus souffre de graves irrégularités, notamment l’absence de préalables tels que le recensement fiable de la population et la mise à jour du fichier électoral.
Interrogé sur la position de son camp face au scrutin, le responsable de l’ANAD est catégorique :
« Ce référendum ne concerne pas l’ANAD ni les forces vives. Il est fondé sur des critères invalides et sur des violations de la charte de la transition. Nous boycotterons simplement la chose. »
Il rappelle que certains articles essentiels de la charte de transition – notamment les articles 46, 55 et 65 qui interdisaient aux membres du CNRD, du gouvernement et du CNT de briguer des postes électifs – ont été supprimés dans le projet de constitution.
« Ces clauses intangibles étaient censées rassurer le peuple. Leur suppression traduit une volonté manifeste de préparer des candidatures issues de la transition », souligne-t-il.
« Une conscience populaire manipulée »
Au-delà des aspects juridiques, Dr Pogomou dénonce ce qu’il appelle « l’achat des consciences » :
« Dans un pays où il suffit de distribuer 200 000 ou 300 000 francs pour influencer les citoyens, on ne peut pas parler d’un vote démocratique. »
Pour l’ANAD, la véritable campagne consistera à expliquer aux Guinéens que cette constitution n’était pas nécessaire.
« Nous n’avons pas besoin de dire aux citoyens de voter non. Une fois informés, ils jugeront d’eux-mêmes », ajoute-t-il.
S’il encourage les Guinéens à se faire recenser, Dr Pogomou estime néanmoins que participer au référendum reviendrait à cautionner une démarche biaisée :
« Le recensement servira pour d’autres échéances. Moi-même, je me suis fait recenser. Mais aller voter pour accompagner un processus imposé, ce n’est pas nécessaire. »
l’ANAD confirme sa ligne : le boycott du référendum du 21 septembre. Pour ses responsables, le projet de nouvelle constitution n’est qu’un instrument politique destiné à prolonger ou légitimer le pouvoir actuel.
Tenema Doumbouya pour moyaguinee.com















